“Nous allons faire de belles choses”

Éva Doumbia et sa compagnie La Part du pauvre/Nana Triban seront hébergés au Théâtre des Bains Douches dès septembre. De beaux projets en perspective.

La compagnie La Part du pauvre/Nana Triban s’installe au théâtre des Bains Douches courant septembre pour trois ans de résidence. Une nouvelle aventure pour ce lieu culturel municipal, ses partenaires, les Elbeuviens… Et bien sûr les artistes qui vont l’habiter comme Éva Doumbia notamment, directrice artistique et metteuse en scène de la compagnie. « C’est un très beau lieu. Nous allons y faire de belles choses tous ensemble. »

Sensibiliser à l’art

Dès le 12 septembre, à peine ses valises posées, la Part du Pauvre/Nana Triban interprétera sa pièce Badine, d’après le texte On ne badine pas avec l’amour d’Alfred de Musset et des écrits de Georges Sand. Elle présentera également les prémisses d’un travail sur Ourika, écrit par Claire de Duras en 1823.

«  Je trouve essentiel de confronter un spectacle en cours de création à un large public et de prendre en compte les incompréhensions, les questions, les ré-actions. Nous proposerons donc régulièrement des répétitions publiques. »

Autre action qui lui tient à cœur : la médiation culturelle. En lien avec chaque projet artistique, Éva Doumbia envi-sage de mener des ateliers pluridisciplinaires (littérature, écriture, musique, cuisine, danse, mode…), du théâtre fo-rum, des masterclass et autres tables rondes auprès des habitants, des scolaires, des seniors. « Associer création exigeante et éducation populaire, sensibiliser à l’art, créer des ponts culturels et poétiques entre les communautés, tisser et métisser sont les fondements de ma compagnie. »

L’art, un métier à tisser du lien

Si, dans un premier temps, Éva Doumbia souhaite prendre le pouls du territoire, « bien le comprendre », elle a déjà plein d’idées en tête et une multitude de projets. Quelques exemples : des ateliers sur les relations femmes/hommes mais aussi sur les rapports de classes sociales auprès des scolaires dans le cadre du spectacle Badine ; la création Autophagies, une performance théâtrale, culinaire, musicale et documentaire sur l’histoire des aliments ; la reprise de l’atelier de théâtre intergénérationnel ; la déclinaison du festival Massilia Afropea 2020 sur le territoire elbeuvien en collaboration avec Couleurs d’Afrique  ; l’accueil en résidence d’artistes et écrivains « tels que le romancier ivoirien Gauz et le chorégraphe Massidi Adiatou » ; ou encore la mise en scène de son livre Le Iench.

Autant de projets dans lesquels elle questionne la société, « Je crois en l’art comme métier à tisser du lien. » Nous aussi… Bienvenue sur le territoire elbeuvien.

ÉVA DOUMBIA, SON PARCOURS

• 1968 : née en Norman-die avec des origines subsahariennes, fille d’ouvrier et d’enseignante
• 2000 : création de la cie La Part du Pauvre
• 2001 : elle intègre l’unité nomade de formation à la mise en scène avec le conservatoire supérieur national d’art dramatique
• 2010-2017 : adaptation de textes écrits par des auteures noires
• 2011 : mise en scène de Moi et mon cheveu
• 2015 : création d’Africa Paris puis de Massilia Afropea à Marseille en 2016 et 2018, valorisation des artistes « afropéens »
• 2016 : sortie de son livre Anges Fêlées
• 2018-2019 : artiste associée aux Ateliers Médicis
• 2020 : parution de son 2e livre Iench (théâtre) et adaptation au Centre dramatique national de Normandie-Rouen

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