Mordu d’histoires

patrick pellerin

patrick pellerinPatrick Pellerin, rédacteur en chef du Journal d’Elbeuf, fait des recherches depuis plus de dix ans sur la guerre de 1914-1918. Rencontre.

C’est ce qu’on appelle un passionné, un mordu d’histoire. Pas celle avec un grand H, mais celle des hommes qui ont combattu pendant la Grande Guerre ; ces habitants du territoire elbeuvien, morts pour la France ; ces soldats qui avaient une vie avant leur mobilisation. Patrick Pellerin, journaliste au Journal d’Elbeuf depuis 1990 et rédacteur en chef depuis dix ans, passe une grande partie de son temps libre la tête dans les archives – les fiches militaires, le livre d’or des morts de la Grande Guerre, les actes d’état civil, les transcriptions de décès, le recensement, les listes électorales, L’Elbeuvien (bi-hebdomadaire de l’époque) – à la recherche d’informations sur les habitants de l’agglomération d’Elbeuf morts au combat pendant la Première Guerre mondiale. « Je ne m’intéresse pas particulièrement à leurs faits d’armes mais davantage aux hommes qu’ils étaient : leur métier, leur passion pour un sport ou une activité artistique, leurs parents, leurs frères et sœurs, leur femme ou fiancée, leurs enfants, leur lieu d’habitation…, souligne Patrick Pellerin. Et j’essaie de trouver une photo d’eux. C’est ce qui est le plus difficile. Beaucoup de photos ont par exemple disparu pendant le grand incendie qui a ravagé le centre d’Elbeuf en juin 1940. »

Le journaliste s’attache également à identifier et à contacter les descendants, une autre source d’informations. Et pour cela, il a plusieurs techniques : les archives bien sûr, mais aussi les maisons de retraite, qui font suivre les demandes aux descendants, et même les cimetières. L’année dernière, il a déposé une centaine de messages sur les tombes des soldats morts pour la France ou de leurs descendants ; 25 personnes l’ont appelé. « La plupart des personnes que je rencontre sont contentes de voir que quelqu’un s’intéresse à leur père, grand-père, arrière-grand-père ou grand-oncle. Elles sont fières. Parfois, elles me donnent des détails sur sa vie, si j’ai de la chance, une photo, et parfois c’est moi qui leur donne des éléments sur leur ancêtre ! »

Aujourd’hui, après 12 ans de recherche, Patrick Pellerin a reconstitué quelque 1 400 généalogies dont 200 de sportifs morts à la guerre. Le point de départ de ces recherches colossales. « Né à Elbeuf, ayant grandi à Elbeuf, je me suis toujours intéressé à l’histoire locale et notamment au sport. Mon premier article en 1978 en tant que correspondant pour Paris-Normandie portait d’ailleurs sur le sport. » En 2006, alors qu’il travaille sur l’histoire du CASA (Club Athlétique Saint-Aubinois), Patrick Pellerin découvre une plaque commémorative en hommage à 12 joueurs du club morts à la guerre. « Je me suis intéressé à leur vie ; ça m’a passionné. Depuis, aidé par Thierry Guilbert et Thérèse Lehec, je continue à récolter ces tranches de vie qui font l’histoire du territoire. » Un travail qui a débouché sur la publication d’un recueil intercommunal Guerre 1914-1918, tableau d’honneur de l’agglomération d’Elbeuf. 1404 soldats morts pour la France (distribué pendant les commémorations).

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