D’art et d’animal

Sylvain Wavrant

© Fred Margueron

Sylvain Wavrant présente Roadkill jusqu’au 19 février à la Fabrique des savoirs et anime deux rencontres avec le public. Une exposition organisée par la Réunion des musées métropolitains dans le cadre de La Ronde. Portrait.

Pull léger col en V, chemise noire boutonnée jusqu’en haut, fine moustache, regard doux, voix posée. À seulement 28 ans, Sylvain Wavrant, l’air de ne pas y toucher, dénonce, questionne, s’engage. Artiste taxidermiste, styliste, plasticien, il crée des œuvres décalées, troublantes, pour alerter contre des pratiques sociétales « révoltantes et d’un autre temps ». La pratique qu’il dénonce depuis quelques années ? L’élevage d’animaux à fourrure pour alimenter l’industrie de la mode, soit l’abattage dans le monde et par an de plus de 56 millions de bêtes selon la fondation 30 millions d’amis.

Panier Garni

© Thomas Cartron

« Je travaille sur cette thématique depuis mes études en 4e et 5e années à l’école des Beaux Arts de Rennes. Ma façon de l’aborder a été une évidence quand j’ai su qu’une des principales causes de mortalité des animaux sauvages était la collision avec un véhicule. » Sylvain Wavrant apprend alors les techniques traditionnelles de taxidermie auprès d’un de ses enseignants, Thierry Dupeux, et réalise des accessoires de mode et autres petits objets en fourrure et plumage à partir d’animaux sauvages non-protégés morts sur les bords de route.

« Quand je vends une de mes créations, je prends toujours le temps d’expliquer ma démarche et d’où vient l’animal utilisé. Une façon de remettre l’animal sauvage dans notre vie de citadin. Nous vivons en rupture avec la nature. Il suffit de regarder le nombre d’espèces en voie de disparition pour en être convaincu . » Avec Roadkill à la Fabrique des savoirs jusqu’au 19 février, Sylvain Wavrant continue d’exposer son engagement au travers, cette fois, d’une dizaine d’œuvres plastiques. « Je mêle différentes techniques dont la taxidermie et la couture pour concevoir des créations de plus grandes tailles. Je dénonce ici plus spécifiquement le fait que nos sociétés fragmentent, sans réfléchir, des habitats naturels pour construire des routes. Un désastre pour la faune. » Un travail déstabilisant, intelligent et étonnamment esthétique, qui mérite le détour.

Entrée libre. Horaires d’ouverture de la Fabrique des savoirs : du mardi au dimanche, de 14h à 18h.

Découvrez le travail de Sylvain Wavrant dans ce film :

Tentative de survie

© Thomas Cartron

Deux rencontres avec Sylvain Wavrant, Fabrique des savoirs (7 cours Gambetta)

  • Samedi 18 février à 14h30 : Durée 1h. Entrée libre.
  • Dimanche 19 février à 14h30 : Rencontre spéciale à destination des enfants et les familles. Durée 1h. Entrée libre.

« La Fabrique des savoirs accueille une magnifique collection de spécimens naturalisés (donnée par Pierre Noury en 1884) qui sont, pour certains, en voie d’extinction. Mes pièces et leur histoire permettent une relecture contemporaine des enjeux de la taxidermie : au-delà de la conservation des espèces, au-delà d’un aspect décoratif, il s’agit de soutenir, montrer et développer des œuvres engagées qui sensibilisent à des problématiques contemporaines . »

Plus d’infos au 02 32 96 30 40.

Biographie

  • Né en 1989 en Sologne
  • Grandit dans un milieu ouvrier où l’animal naturalisé est présent dans la décoration du foyer.
  • 2007 – Ecole en design de mode Duperré à Paris
  • 2010 – Licence d’Arts plastiques l’école européenne supérieure d’Art de Bretagne (EESAB)
  • 2013 – Master Design à l’EESAB
  • 2014 – Ouvre son cabinet de curiosité à UBI, espace de coworking artistique, à Rouen
  • 2014-2015 – Réalisation des parures animales pour les pièces Henry IV et Richard III mises en scène par Thomas Jolly
  • 2016 – Participation à l’exposition Make up time à la maison des arts de Grand-Quevilly
  • 2016 – Participation à l’exposition La Traversée des apparences au Portique au Havre

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