André Maurois à l’honneur

André Maurois à l’honneur

2017 est l’année des 50 ans de la mort d’André Maurois. L’occasion pour la Ville de rendre hommage à ce romancier, biographe, conteur et essayiste français.

Vendredi 7 avril, une plaque commémorative apposée sur la maison d’enfance d’André Maurois (1 rue Henry) sera inaugurée. Un événement précédé du spectacle Dans la maison d’André Maurois, j’aperçois la grandeur de l’humanité , de la compagnie Nagananda avec une soixantaine d’élèves de seconde du lycée Maurois.

« Nous proposerons au public une sorte de puzzle autour de la vie d’André Maurois, à travers plusieurs tableaux interprétés parallèlement . Nous avons cherché, avec les jeunes, à nous approprier le patrimoine qu’il nous a laissé pour mieux le restituer », explique la comédienne et auteure Cécile Fraisse-Bareille.

Seront ainsi évoqués son enfance à Elbeuf, le drap et l’industrie textile, l’amour qui fut l’un de ses thèmes de prédilection, son rôle d’académicien, ses ouvrages et traductions, sa philosophie, son courage, son intégrité… « Il jouissait [à l’Académie française] d’une sympathie, d’un respect, d’une admiration unanimes », écrit de lui en 1985 l’académicien Étienne Wolff, qui a lui aussi grandi à Elbeuf (lire son discours sur André Maurois ici ). Un auteur à redécouvrir absolument.

Vendredi 7 avril à 18h, maison natale de d’André Maurois (1 rue Henry).

Gratuit. Rens. au 02 32 96 99 22.

Petite biographie

André MauroisAndré Maurois, de son vrai nom Emile Herzog, est né à Elbeuf le 26 juillet 1885. Fils d’un industriel du textile alsacien qui s’est installé dans la cité normande en 1871 suite à l’annexion de l’Alsace-Lorraine à l’Allemagne, il est élève au lycée d’Elbeuf de la 8e à la 4e avant de poursuivre ses études au lycée Corneille à Rouen. Il a alors comme professeur Alain qui joue un rôle important sur sa formation, sa façon d’appréhender les choses. Après avoir passé sa licence de lettres, il prend la direction de l’entreprise familiale à Elbeuf pendant une dizaine d’années.

Pendant la Première Guerre mondiale, André Maurois, anglophone, est officier de liaison et interprète auprès de l’armée britannique en France et en Flandres. Cette expérience lui inspire deux romans humoristiques dont le premier reçu un franc succès : Les Silences du colonel Bramble (1918) et Les Discours du docteur O’Grady (1921). En effet, après la guerre, il décide de se consacrer à l’écriture. Il participe à la rédaction du journal des Croix-de-feu, Le Flambeau, et écrit de nombreux romans, mais aussi des contes et nouvelles, certains pour les enfants, des livres consacrés à l’histoire et des biographies. Biographies dont il est, selon l’Académie française, « le maître incontesté ». André Maurois est aussi traducteur. C’est lui qui propose la célèbre traduction du poème If de Rudyard Kipling : Tu seras un homme mon fils . Notons également que l’amour est l’un des thèmes récurrents de ses romans.
Il perd sa première femme, Jane-Wanda de Szymbiewisc, avec qui il a deux garçons et une fille, en 1924. Elle n’a que 31 ans. Il se remarie en 1926 avec Simone de Caillavet.

Élu à l’Académie française le 23 juin 1938, il occupe le siège 26 pendant près de 30 ans. « D’une exquise courtoisie et d’un jugement pondéré, il allait devenir l’un des membres influents de la compagnie et acquérir, dans les dernières années de sa vie, la réputation d’être un « grand électeur » », peut-on lire sur le site de l’Académie française.

Exilé aux États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale, il est conférencier et professeur de littérature. Une période pendant laquelle il s’attache à intéresser les étudiants aux auteurs français.

Il meurt le 9 octobre 1967 à Neuilly sur Seine.

Bibliographie (non exhaustive)

Romans

André Maurois - Le cercle de familleLes Silences du colonel Bramble , 1918
Bernard Quesnay , 1926
Climats , 1928
Le Cercle de famille , 1932
Le côté de Chelsea , 1932
L’instinct du bonheur , 1934
Terre promise , 1946
Les Roses de septembre , 1956

Essais

André Maurois - Au commencement était l'actionDialogue sur le commandement , 1924
Etudes anglaises , 1927
Relativisme , 1930
Sentiments et coutumes , 1934
Un art de vivre , 1939
Sept Visages de l’amour , 1946
Ce que je crois , 1951
Destins exemplaires , 1952
Lecture, mon doux plaisir , 1957
Au commencement était l’action , 1966

Biographies

André Maurois - La vie de Georges SandDon Juan ou la vie de Byron , 1930
Lyautey , 1931
Voltaire , 1935
René ou la Vie de Châteaubriand , 1938
Lélia ou la vie de George Sand , 1952
Olympio ou la vie de Victor Hugo , 1954
Les Trois Dumas , 1957
Le Monde de Marcel Proust , 1960
Prométhée ou la vie de Balzac , 1965

Contes et nouvelles

André Maurois - Le pays des 36000 volontésMeïpe ou la délivrance , 1926
Voyage au pays des Articoles , 1928
Le Pays des trente-six mille volontés , 1928
La Machine à lire les pensées , 1937
Des Mondes impossibles , 1947
Pour piano seul , 1960

Livres historiques

André Maurois - Histoire des Etats-UnisHistoire de l’Angleterre , 1937
Histoires des États-Unis , 1943
Journal des États-Unis , 1946
Histoire de la France , 1962
Les deux géants – Histoire des États-Unis et de l’URSS : de 1917 à nos jours , 1962

Quelques citations…

  • « Que de fois, au temps où je vivais à Elbeuf, j’ai vu entrer dans mon bureau Jean Gaument. Sur ma table, parmi les échantillons et les papiers, il posait son large chapeau de feutre, puis il caressait sa longue barbe tolstoïenne et nous parlions. J’aimais son langage ; j’y trouvais cette double saveur, rare et plaisante, que produit le mélange d’une grande culture et d’une vie volontairement restée proche du peuple. »
    Préface d’André Maurois, Contes normands de Jean Gaument et Camille Cé.
  • Dans ses Mémoires , André Maurois raconte qu’en 6e au petit lycée d’Elbeuf, il s’est fait rabrouer pour avoir employé le mot « concubine » dans une composition sur Esther : « Pourquoi corrompre vos camarades ? »
  • « C’est à Elbeuf, et dans l’industrie textile, que j’ai appris le respect du travail bien fait. […] Le trieur, devant sa claie, palpait avec bonheur les courtes mèches à pointes noires des laines d’Australie. […] La conscience professionnelle, par tradition, était – et reste – à Elbeuf, exigeante. L’apprêteur n’était satisfait que s’il arrivait à donner à ses peignés foulés le toucher plein et souple des tissus anglais. Louvetiers, fileurs, tisserands, foulonniers, épinceteuses rentrayeuses, teinturiers, laineurs, tondeurs, décatisseurs, tous avaient l’amour de leur métier. »
    Les Draps d’Elbeuf et de Louviers (1951)
  • Dans Bernard Quesnay (1926), André Maurois s’inspire de la rivalité entre les Blin et les Fraenckel. Il dresse de cocasses portraits de chefs d’entreprise, tel M. Achille qui « faisait de l’industrie, comme les vieux Anglais font du golf, avec dévotion ».
  • Dans Le Cercle de famille (1932), André Maurois raconte l’histoire d’un drapier d’une petite bourgade normande (Elbeuf selon Charles Brisson) qui déroge à la double tradition familiale et professionnelle en épousant une « étrangère » rouennaise. Cette dernière, Mme Herpain, trompe son mari et ébranle l’équilibre bourgeois de sa famille. Denise, leur fille, exaltée et orgueilleuse, grandira en se forgeant une morale contre l’indignité de sa mère, dans la promesse de ne jamais lui ressembler… Y parviendra-t-elle?

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