Ce cours
d’eau, malgré sa petitesse et son faible débit, a
beaucoup compté dans l’histoire de la cité drapière.
En effet, la tradition orale lui attribue des vertus bénéfiques
au lavage de la laine. Aussi, les teinturiers et laveurs de laine s’installent-ils
dès le XVIème siècle le long de ses rives. La qualité
de la production est à l’origine de la création de
la Manufacture Royale.
Le Puchot est issu d’un système de ravins
forestiers drainant les eaux des plateaux environnants. De la source dite
du Sud à la Seine, sa longueur est de 650 mètres, canaux
de dérivation inclus. Jusqu’à la Révolution,
le Puchot appartient aux Seigneurs d’Elbeuf, ainsi que les trois
moulins en activité sur son cours.
“... le Puchot a donc été le berceau
d’Elbeuf; c’est aux abords de ses rives basses et tortueuses,
au pied du Mont Duve d’où il sort... que peu à peu
se sont groupés les fabricants de draps ; et c’est encore
dans ce quartier aux maisons sombres, aux cours profondes, aux ruelles
étroites où les ruisseaux charrient des eaux rouges, bleues,
jaunes, quelquefois épaisses comme de la boue laiteuse, quand elles
sont chargées de terre à fouler, que se trouvent les vieilles
fabriques qui ont vécu jusqu’à nos jours.”
Hector Malot. “Baccara”. 1885
LA MANUFACTURE ROYALE DE DRAP D’ELBEUF
En 1667, Colbert crée la Manufacture Royale de drap
d’Elbeuf avec l’appui de deux familles protestantes : les
Lemonnier et les Lecointe. Les règlements de cette Manufacture,
véritable charte de qualité imposée aux drapiers,
visent à asseoir la réputation du drap d’Elbeuf et
à développer son exportation dans le monde. Lorsque la Révolution
met fin à la Manufacture Royale, la réputation du drap d’Elbeuf
est bien établie et l’activité drapière ne
cessera de croître tout au long du XIXème siècle.
En 1673, le maître drapier Nicolas Lemonnier fait édifier,
non loin de l’église Saint Etienne, “La Grande Maison”,
propriété composée de bâtiments résidentiels
et d’ateliers. Protestant, il quitte Elbeuf à la Révocation
de l’Edit de Nantes en 1685. Peu après, le duc Henri de Lorraine,
seigneur d’Elbeuf, se porte acquéreur de la propriété
qui devient le Château des Ducs. L’édifice est détruit
en 1926 lors des travaux de construction du groupe scolaire Charles Mouchel.